Catégories de conception: nouvelle réglementation

Le 18 janvier 2016 est une date importante pour la plaisance avec, grâce aux interventions répétées de la Fédération de l’industrie nautique, relayées par  l’EBI (European Boating Industry), la mise en application de la nouvelle réglementation européenne sur les bateaux de plaisance.

Jusqu’en 1996 la conception du bateau était caractérisée par l’obligation, pour le skipper, de mettre plus ou moins rapidement son bateau et son équipage à l’abri des conditions météorologiques exceptionnelles, d’où la notion de distance d’un abri. Le principe semblait simple et bien organisé mais surtout il y avait la prise en compte évidente que le mauvais temps peu surgir à peu près n’importe où et que la seule solution pour un esquif est de se protéger le plus rapidement possible dans un abri adapté. Plus le bateau est conséquent, moins cette notion de rapidité est importante jusqu’à disparaitre avec la Catégorie 1.

A cette date l’Europe décida de se mêler de la réglementation sur la conception des bateaux de plaisances. Comme très souvent dans ce schéma, les choses se compliquèrent très sérieusement et l’on vit apparaitre des notions de vents et de vagues maxi. Notion suffisamment subtile pour que même notre fédération la trouve « difficile à maîtriser ». Cette réglementation avait gardé un zeste du système de distance en décrivant la catégorie « A » comme « Océanique » ou « Haute mer » avec la force des vents et la hauteur des vagues classées « no limit ». Le simple bon sens nous permettait de comprendre que la météo de haute mer n’est en aucune sorte maitrisable et surtout que nous sommes incapable de nous mettre à l’abri

Le 18 janvier les termes relatifs aux types de navigation (Océanique, Hauturière, Côtière, Eaux Abritées) sont supprimés et en guise de simplification il va être indispensable de devenir de bon météorologues. Les nouvelles catégories sont maintenant déterminées par la force des vents et la hauteur des vagues avec des connaissances plutôt pointus sur la hauteur significative des vagues (voir schéma 1).

1-Changement fondamental

Comme je vous le disais précédemment, tout est maintenant rattaché uniquement à des notions de conditions météorologiques (force de vent et hauteur de vagues) avec un bémol toutefois et pas des moindres, un plafond à force 9 Beauforts pour la catégorie « A ». Quid si nous rencontrons des vents de force 10 pendant une traversée océanique ? L’assurance en cas de dégâts vous dira-t-elle que vous naviguiez en dehors des clous ? Vous ne pourrez engager la responsabilité du fabricant puisque le bateau est limité à force 9. Il ne vous restera plus qu’à vous retourner vers la météo nationale qui n’aura pas su prévoir ce force 10, celui qui vous a occasionné tous ces dégâts,  au cour des trois semaines de votre traversée.

Pour ma part j’ai le sentiment que ce nouveau classement reste fort complexe. Si nous revenons à des conditions tout à fait concrètes que nous connaissons tous, à savoir que les vagues se lèvent à l’approche des côtes, que le vent se renforce près des caps et donc des côtes et que la météo est tout sauf d’une fiabilité irréprochable, les catégories seront utiles à qui et à quoi ? Certainement pour faciliter la conception d’un navire et d’en réduire les coûts grâce à la réduction des échantillonnages (maxi force 9) et peut-être aux assureurs, pour leur éviter de débourser le moindre argent…Cette nouvelle réglementation rend le skipper responsable de tout et en particulier…. de l’avenir….

La boule de cristal sera peut-être un instrument de navigation indispensable.

Cette parenthèse « philosophique » sur le bien fondé de la réforme qui n’engage que moi (certainement un conservateur indécrottable) fermée, il est important que je vous donne les tableaux qui codifient cette nouvelle classification. Je vais également simplifier le cours minimum de météorologie et océanographie nécessaire à la bonne compréhension des dits tableaux (schéma 1)

 

Schéma 1

 1° Partie, les vagues

Les vagues fonctionnent par « train », un train de 9 vagues dit la législation. Sur cette période la hauteur significative de la vague est la moyenne des 3 vagues les plus hautes.

2° Partie, le vent

La force du vent sur l’Echelle de Beaufort (BF) est la vitesse moyenne du vent réel sur une période de 10 minutes à 10 m au-dessus de la mer. Le relevé anémomètre du vent le plus fort que vous pourrez faire depuis votre bateau (en vent réel bien entendu) vous donne la vitesse de rafale et si vous êtes au-dessus de 25 Kts  vous pouvez en déterminer la vitesse vraie en divisant ce chiffre par 1,3. Il ne vous reste plus qu’à rapprocher cette donnée du tableau Beaufort si joint pour savoir si tout va bien ou ….« si j’aurais su j’aurai pas venu »

Source: www.voiles-aventures.com

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